Beaux arts

Sonia Delaunay – Musée d’Art moderne de Paris

Sonia Delaunay, le Bal Bullier (1913)

Avant d’avoir poussé les portes du musée d’Art moderne, je n’avais guère entendu parler de Sonia Delaunay.  Celle qui signe une grande partie de ces oeuvres sous le nom de Sarah Terk a développé son art dans l’ombre de son mari auquel elle reste encore largement associé. Et pour cause, ces oeuvres ne vont sans rappeler celles de l’inventeur du « mouvement orphique ».

 

A la recherche de son style

La jeune femme commence sa carrière de peintre très tôt. Après avoir suivi des études d’art en Alleamgne, la jeune femme s’installe à Paris. Trois années après son arrivée, la jeune fille est invitée à exposer ses premiers travaux. Le Nu Jaune (voir ci-dessous) est sans doute la plus impressionnante de cette première salle. On peut y voir l’attrait de l’artiste pour la couleur. Notre oeil est immédiatement captivé par la luminosité du jaune de la palette de Sonia dans ce tableau inspiré par le mouvement fauviste.

Sonia Delaunay, Nu jaune (1908)

Sonia Delaunay, Nu jaune (1908)

L’ombre de Robert Delaunay

Mais on sent rapidement, l’influence de son mari prendre le dessus dans les peintures de l’artiste. Comme lui, elle s’adonne au cubisme orphique. Cette expression, Essentiellement utilisé pour décrire les oeuvre de Sonia et de Robert Delaunay désigne une sorte de dérive du cubisme, plus porté vers l’abstraction et la couleur. Il est toutefois à regretter que les commissaires de l’exposition n’aient pas davantage présentés ce qu’est le sens de ce mouvement dans leurs cartels.

Néanmoins, les tableau de Sonia semblent rapidement moins s’intéresser à la lumière qu’à celui du mouvement et du chant. Le Bal Bullier (voir ci-dessous) est un de ces chefs d’oeuvres de cette période. A l’aide de formes géométriques et des volutes, Sonia réussit à reconstituer l’ambiance du bal et les mouvements des couples entrelacés. L’ambiance chaleureuse et conviviale transparaît dans les couleurs lumineuses et chatoyantes de sa palette.

 

Sonia Delaunay, le Bal Bullier (1913)

Sonia Delaunay, le Bal Bullier (1913)

On retrouve la même énergie dans la manière dont elle représente la musique, à travers son tableau Les chanteurs de flamenco. De cercles concentriques serrés, comme des échos de la musique rutilante espagnole, se détache un visage et à l’arrière plan un musicien.

Ses collaboration ne s’arrêtent pas qu’à son mari. Elle collabore aussi avec le célèbre poète voyageur Blaise Cendrars, dont elle illustre La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France (voir ci-dessous) en 1913. Dans ce livre en accordéon, de plus de 2 mètres, écriture et peinture se mélange pour créer les plus grandes rails colorées du monde. Mais une fois de plus, dans la réalisation de cette oeuvre, la peinture de Sonia Delaunay demeure soumise à l’écriture de Cendrars

Delaunay et Cendrars, Prise du Transsibérien (1913)

Delaunay et Cendrars, Prise du Transsibérien (1913)

Une artiste polymorphe

Mais, elle s’émancipe progressivement de l’emprise de son mari en adoptant de nouveaux supports pour son art. En effet, Sonia développe une série de modèle textile. Créant jusqu’à sa propre marque, on note progressivement la création d’un style propre à l’artiste qui confectionne elle même les motifs de ses tissus, ainsi que ses modèles.

L’artiste seule alors trouve un goût pour la ligne. Celle-ci semble répondre à sa quête de rythme et de modernité. Si dans ses premières pièces, le costume sert avant tout à souligner les courbes féminines, il devient rapidement une oeuvre d’art à part entière. Il devient plus ample et les motifs de droites et de courbes drapent le corps d’une sorte mystères.On parcourt le labyrinthe des ces droites sinueuses, non sans émerveillement. elle considérait que le vêtement comme une sorte de deuxième peau, qui ne devait pas servir simplement à mettre en valeur le corps féminin, mais à en révéler la personnalité, le mystère.

Delaunay croquis

Les créations textiles simultanées sont ces pièces à travers lesquelles son travail sur le rythme trouve sa belle réalisation. Aussi, l’utilisation nouvelle du noir à sa palette permet à ses oeuvre de prendre une plus grande amplitude.

dans cette seconde partie, si on sent Sonia s’émanciper des hommes de son entourage, ceux-ci se mettent même désormais au service de son art, notamment dans ses étonnantes robes-poèmes. Par son audace et son esprit visionnaire, Sonia a réussit a contribué à faire évoluer la conception du vêtement féminin et à l’installer dans la modernité.

Retour en arrière

On est un peu déçue de voir la peintre revenir à la peinture orphique dans les dernières salles. Cette fois-ci, l que la peintre sous l’influence de Jean Arp se détache complètement de la figuration. On ressent toutefois dans certaines d’entre-elles l’énergie de ces travaux textiles. Les lignes qui rythment la composition y tiennent une place aussi importante que la couleur.

Sonia Delaunay, Composition, (1955)

Sonia Delaunay, Composition, (1955)

 

sitographie :

Sur le cubisme orphique : http://www.le-cubisme.com/cubisme-orphique.html

Sur la Prose du Transsibérien et la petite Jehanne de France : http://www.weblettres.net/blogs/article.php?w=MonplaisirLett&e_id=22144%20

Sur la mode simultanée : http://larobedemesrves.blogspot.fr/2012/06/la-mode-simultanee-de-sonia-delaunay.html

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