Photographie

Robert Adams , Portrait d’un monde en décadence.

Colorado Springs / Robert Adams Colorado-1968–1970

RÉSUMÉ :

Jusqu’au 18 mai, le Jeu de Paume consacre une rétrospective à  un des photographes américains les plus reconnus sur le thème du paysage : Robert Adams. Membre du mouvement des Nouveaux Topographes, il traite avec beaucoup de finesse des transformations du territoire et de la société américaine ainsi que  des doutes nés dans la seconde moitié du XXè siècle.

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Lieu : Jeu de Paume Dates :  du 11 février au 18 mai 2014 Tarif :  8,50 euros Durée de l’exposition : 1h20 Temps d’attente : faible affluence

DÉTAILS DE L’EXPOSITION

 

« Le chant du cygne de la Nature »

Dans ses clichés, la nature revêt  un caractère romantique : plaines arides, montagnes solitaires, mais aussi des ciels menaçants et des mers joviales tiennent une grande place dans la rétrospective de son oeuvre. A travers ces étendues sauvages, qu’aucune limite visuelle ne vient borner, on laisse rapidement son imagination vagabonder. En effet, une des grandes forces du travail de Robert Adams est d’avoir réussi à immortaliser des paysages proche de l’imaginaire.  Ces clichés d’une grande puissance, où la nature est sublimée ne peuvent que rappeler les peintures de Turner ou de Friedrich.

Un ciel chargé d'émotion

Un ciel chargé d’émotion

Une lumière intense qui se reflète que une mer écumeuse.

Une lumière intense qui se reflète que une mer écumeuse.

Dans cette ode à la Nature, Robert Adams porte une attention particulière à l’arbre. Ces symboles de la vie, de la pérennité apparaissent rabougris, rongés par un mal invisible, sur le point de disparaître. Avec ces clichés au ton dramatique, Robert Adams, comme une conscience morale , interpelle le spectateur sur cette disparition silencieuse. Cette destruction de la Nature annonce-t-elle le déclin de notre propre civilisation ? Autant de questions soulevées par cette exposition où l’Homme tient une place singulière.

Une nature meurtrie, en voie de disparition.

Une nature meurtrie, en voie de disparition.

 

Une humanité coupée de la Nature

Tantôt enfermée à l’intérieur de constructions aseptisées, tantôt au beau milieu de la nature, mais coupée de celui-ci par des barbelés, cette humanité immortalisée au coeur de la naissance de la société de l’abondance ne semble guère épanouie. Regards perdus dans le vide, absence de sourire. Le progrès y est une source d’aliénation.

Un poncif de l'art religieux, la Vierge à l'enfant, revisité à la mode "Trente glorieuse".

Un poncif de l’art religieux, la Vierge à l’enfant, revisité à la mode « Trente glorieuse ».

Une grande place est laissée aux inventions des Trente Glorieuses : la voiture, le supermarché, l’exploitation des énergies fossiles. Ces actions sont toujours connotées négativement, défigurant la beauté des étendues sauvages du Grand Ouest américain.

Les ravages de l'urbanisation standardisée.

Les ravages de l’urbanisation standardisée.

Un nuage noir de pollution, causé par l'extraction du pétrole obstrue notre vision.

Un nuage noir de pollution, causé par l’extraction du pétrole obstrue notre vision.

Au fil des années, la place de l’Homme dans ses clichés,  se réduit au fil de l’exposition. Néanmoins, l’Homme n’est pas complètement absent, le photographe, topographe se concentre davantage sur ses actions sur le paysage. Terrains vagues jonchés de déchets, défrichements massifs, érosion des sols… La conquête des derniers espaces sauvages en Californie évoque la fin de la Frontière, thème qui hantait l’esprit des américains à la fin des années 1960. Aussi, la dernière partie de l’exposition consacrée à une cérémonie mémorielle pour les soldats tués en Irak en 2003, apparaît au premier regard en rupture avec le reste de l’exposition.  La Nature en est complètement exclue. Mais, l’observation méticuleuse de ces clichés fait rapidement  un motif redondant : la mort, la disparition. L’humanité serait-elle, à l’instar des vastes étendues sauvages, en train de disparaître, rongée par le progrès ? [symple_callout button_text= »chosir une autre expo > » button_color= »blue » button_url= »http://www.artscen.fr/ » button_rel= »nofollow »]Vous n’êtes pas convaincu(e) ? /[/symple_callout]

A propos de l'auteur

Stéphanie

Artscen, c'est moi, Stéphanie, la trentaine florissante. Prof d'Histoire-géo et amatrice d'art, je fréquente assidûment les expos. Lieux de découverte et d'expérimentation, elles sont devenues un espace où je puise mon inspiration.
Quel est l'objectif d'Artscen ? Partager avec vous mes découvertes, mes coups de coeur, mes déceptions. Peut-être vous donnerai-je l’envie d’aller découvrir un artiste ? Une période ? Peut-être mes récits vous permettront-ils de replacer une oeuvre ou des informations dans un contexte plus global ? A vous de me le dire…

1 Commentaire

  • La première partie sur la vie urbaine était plutôt pas mal. Mais après : des arbres, des paysages, des arbres, des paysages… J’ai vite décroché ! Et puis le gris (murs). Tendance certes, mais ennuyeux. Je la conseillerai pas vraiment en première intention.

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