Art contemporain

Du pop art à la crise, le monde vu par Martial Raysse.

Martial Raysse

Dans un parcours sinueux, le Centre Pompidou nous invite à redécouvrir l’oeuvre de Martial Raysse. La scénographie sous la forme d’un labyrinthe suit le cheminement de l’artiste pris dans les tumultes de la seconde moitié du XXè siècle.

  • Dates : du 14 mai au 22 septembre
  • Lieu : le Centre Pompidou
  • tarif : 13 euros
  • Temps d’attente : faible
  • Durée de l’expo : 1h30
  • Nocturnes : tous les jours jusqu’à 21h
  • Boire un verre dans les environs : Le Cavalier bleu

 

Le monde est pop !

C’est au début des années 1960 après une vaine tentative pour devenir écrivain que Martial Raysse se lance dans les arts plastiques. La France qui est alors au cœur des Trente Glorieuses, vit à l’heure de la consommation de masse. Comme beaucoup d’artistes de sa génération, les premières œuvres de Raysse célèbrent l’avènement de cette nouvelle ère d’abondance.  Il veut créer une nouvelle esthétique : moderne et épurée .

L’exposition s’ouvre sur des sculptures un brin décalée (photo 2), constituées d’amas de déchets ménagers. Raysse transforme les déchets de la consommation en oeuvre d’art. Dans cette démarche, on peut reconnaître l’influence du ready made de Duchamp ou d’Arman sur le jeune artiste.

Aussi pour créer cette nouvelle esthétique,  l’artiste semble ressentir le besoin de rompre avec les  canons de l’art classique. Ainsi, dans sa série intitulée, Made In Japan (voir ci-dessous les photos 4 ), il revisite les classiques de  la peinture de la Grande Odalisque  à  l’Apollon et Diane de  Cranach l’Ancien .

Enfin, son installation intitulée La Plage  (voir ci-dessous les photos 5 et 6 ), offre au regard du spectateur ravi, de joyeuses pin-ups  tirées de magazines de charme dans un décor de plage simulée par la présence de nombreux accessoires. Cette oeuvre de Raysse reflète bien l’optimisme de cette époque. 

 

Les années 1970-2000 : le désenchantement du monde.

Dès la fin des années 1960, l’artiste se détache du pop’art. Dès 1968, la société de consommation est remise en question. Elle n’est plus perçue comme une source de progrès. Il tente avec des symboles géométriques de créer un nouveau langage artistique. Mais rapidement, les expérimentations plastiques se succèdent, sans parvenir à un résultat convaincants (voir photo 1 ci-dessous). On sent l’artiste en perte de repères.

C’est finalement dans la peinture classique que l’artiste retrouve son inspiration. L’artiste peint sur des grands formats des mythes, notamment des épisodes célèbres de la Bible. La Source (voir ci-dessous photo 3) réalisée en 1990, est une réinterprétation d’Eve dans le jardin d’Eden. De même, Heureux Rivages revisite, quant à lui, la Naissance de Jésus Christ.

On retrouve dans ses dernières œuvres des thèmes chers à l’artiste : des pin-ups , des portraits féminins, des couleurs vives. Mais le ton en est beaucoup plus sombre. Les figures peintes par Martial Raysse sont souvent masquées ou grimées, notamment ses portraits. Le caractère grotesque des expressions ou des attitudes des personnages crée une sorte de malaise. Le monde n’y apparaît plus que sous la forme d’une mascarade, que l’on observe avec un mélange  d’amusement et d’effroi.

En conclusion

Le parcours cet artiste illustre  bien les évolutions de la société et de ses représentations. En effet, Martial Raysse, à l’instar de l’Homme du XXè siècle  bascule d’un positivisme révolutionnaire à un repli sur des valeurs classiques et religieuses.

A propos de l'auteur

Stéphanie

Artscen, c'est moi, Stéphanie, la trentaine florissante. Prof d'Histoire-géo et amatrice d'art, je fréquente assidûment les expos. Lieux de découverte et d'expérimentation, elles sont devenues un espace où je puise mon inspiration.
Quel est l'objectif d'Artscen ? Partager avec vous mes découvertes, mes coups de coeur, mes déceptions. Peut-être vous donnerai-je l’envie d’aller découvrir un artiste ? Une période ? Peut-être mes récits vous permettront-ils de replacer une oeuvre ou des informations dans un contexte plus global ? A vous de me le dire…

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