Photographie

Camouflages : la vérité est ailleurs…

FOontcuberta couv

Attirée par l’organisation d’une exposition photographique sur le très médiatique Lynch, je me suis rendue cet après-midi à la Maison Européenne de la Photographie. C’est là que je fis une rencontre pour le moins surprenante, celle d’un photographe catalan : Joan Fontcuberta.

La notice de l’exposition m’explique que Camouflages est une exposition dans laquelle sont détournées toutes les formes de discours : les sciences, les média, l’art, l’Histoire et la religion.

La découverte des hydropithèques, une espèce humanoïde préhistorique.

La découverte des hydropithèques, une espèce humanoïde préhistorique.

Mon ticket en main, je me retrouve à suivre les flèches sensées me guider à l’exposition. Mais, voilà que j’atterris sur une salle où sont accrochées des photographies de falaises. Un fossile humanoïde siège au milieu de la salle. Un reportage vidéo défile sur un écran géant. Il me faut un certain temps et quelques allers et retours sous les yeux des autres spectateurs hallucinés pour comprendre que… J’y suis.

Fontcuberta, à l'école des miracles au monastère de  Valhamönde (Carélie).

Fontcuberta, à l’école des miracles au monastère de Valhamönde (Carélie).

Plutôt que de dénoncer les processus de manipulation de l’image en les déconstruisant, Fontcuberta les pousse à son paroxysme allant jusqu’à l’absurde. Je déambule de pièces en pièces à travers des saynètes diverses : la découverte d’une nouvelle espèce d’humanoïdes : les hydropithèques, l’odyssée du mystérieux capitaine Ivan Istochnikov à bord de Soyouz II, des photo-reportages en infiltration dans l’entourage de Ben Laden ou dans une holding ésotérique orthodoxe.

A l’instar de la première salle, chacune de ses supercheries est alimentée par une multitude de contrefaçons : croquis incompréhensibles, inscriptions au langage pseudo-scientifique, reportages télévisés mettant en scène des « spécialistes », objets attestant de l’authenticité des faits… Noyée dans ce fatras de cautions scientifiques, je m’interroge : Où est le vrai ? Où est le faux ? Et, les regards que me lancent certains spectateurs alors que je m’approche d’eux ou les remarques lancées à voix hautes – « C’est pas croyable ! » – me montrent que je ne suis pas la seule déroutée par le travail de Fontcuberta.

Il faut dire que l’artiste ne manque pas d’humour pour me présenter : des animaux ayant « échappé à la théorie de l’évolution » un « photogramme sur une reproduction originale de Matisse » ou encore des bougies en cire d’oreilles de moines caréliens.

Après une heure et demi de découvertes loufoques, je ressors de cette d’exposition, débarrassée de ma morosité. Dans ce domaine Fontcuberta est aussi un « Happy Show ». Mais, je me sens aussi plus méfiante à l’égard des images et des mises en scènes que me présentent les média et les institutions culturelles.

Stéphanie M.

A propos de l'auteur

Stéphanie

Artscen, c'est moi, Stéphanie, la trentaine florissante. Prof d'Histoire-géo et amatrice d'art, je fréquente assidûment les expos. Lieux de découverte et d'expérimentation, elles sont devenues un espace où je puise mon inspiration.
Quel est l'objectif d'Artscen ? Partager avec vous mes découvertes, mes coups de coeur, mes déceptions. Peut-être vous donnerai-je l’envie d’aller découvrir un artiste ? Une période ? Peut-être mes récits vous permettront-ils de replacer une oeuvre ou des informations dans un contexte plus global ? A vous de me le dire…

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